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Deux alcaloïdes contre le glaucome

Graine toxique produite par une Fabacée (Physostigma venenosum), la fève de Calabar (ville sur la côte du Nigéria, siège du gouvernement du Protectorat britannique au XIXe siècle) compta, au-delà de son administration comme poison ordalique en Afrique tropicale, au nombre des acteurs remarqués de la pharmacologie au XIXe siècle. Son extrait, testé par le médecin écossais Robert Christison (1797-1882) en 1855 fut le premier myotique connu.

Au moment où, en Allemagne, J.O. Jobst et O. Hesse publiaient une somme considérable sur cette noix, Thomas R. Fraser (1841-1920), élève de Christison, fit connaître dans une thèse soutenue en 1864 la physostigmine, alcaloïde qui se révéla être le principe myotique de la fève et aussi un puissant antagoniste d’un autre alcaloïde déjà célèbre : l’atropine. La physostigmine fut « redécouverte » et nommée ésérine en 1865 par deux autres chimistes Vee et Leven, année où l’ophtalmologiste écossais Argyll Robertson (1837-1909) prouva son effet constricteur sur la pupille. Il fallut toutefois attendre près de quinze ans avant que Ludwig Laqueur (1839-1909), professeur d’ophtalmologie dans une Strasbourg alors allemande, montre qu’elle diminuait la tension intraoculaire : elle fut proposée pour traiter le glaucome qui, jusqu’à cette date, ne relevait que de la chirurgie. Son histoire resta cependant brève car elle ne tarda pas à être supplantée par un autre alcaloïde…

Appartenant aux Rutacées, les divers policarpes (ou jaborandis) sont de petits arbres d’Amérique du Sud et Centrale. Si les propriétés sialagogues du feuillage de Pilocarpus microphyllus semblent avoir été connues dès le XVIIIe siècle, il fallut attendre 1873 pour que les premiers échantillons de la plante fussent ramenés en Europe par Symphronio Coutinho, un médecin portugais exerçant au Brésil. La plante fut l’objet de travaux opiniâtres de plusieurs chercheurs qui en découvrirent l’alcaloïde actif au même moment : A. W. Gerrard, en Angleterre, l’isola en 1875 de l’écorce sans le nommer alors qu’en France E. Hardy rapporta l’obtention, à partir d’un extrait aqueux de feuilles, d’un alcaloïde qu’il appela jaborandine puis pilocarpine. Il décrivit sa capacité à induire salivation, larmoiement et diarrhées. En fait, l’histoire oublie aussi souvent un troisième chimiste, le pharmacien Henri Byasson (1840-1883), qui, cette même année 1875, décrivit lui aussi une « jaborandine » extraite des feuilles de l’arbrisseau.

Rapidement, cet alcaloïde révéla son intérêt : l’ophtalmologiste allemand Adolf Weber (1829-1915) en fit dès 1877 une alternative à la physostigmine alors que, dans sa thèse en pharmacie soutenue à Montpellier en 1879, un certain R. Poujol s’interrogeait : « Douée de propriétés extraordinaires, cette plante est-elle appelée à avoir une place à côté des grands médicaments ou bien, ayant joui d’une vogue plus ou moins longue, doit-elle tomber dans l’oubli  ? ». Introduite en 1884 au Codex, la pilocarpine fit florès au début du XXe siècle. Elle fut formulée en collyre huileux à base d’alcaloïde-base avant que ne fussent employés des solutés aqueux à base de sels hydrosolubles. Cet alcaloïde ne fait aujourd’hui plus partie des médicaments recommandés dans le traitement du glaucome car il induit un myosis gênant l’adaptation à l’obscurité et car son instillation répétée peut entraîner une inflammation oculaire chronique.

Nicolas Tourneur - Le Quotidien du Pharmacien - 19 avril 2018


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