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Historique

3 générations de pharmaciens  dans un même lieu :
Mutations, révolutions, mais maintiens des liens humains et de l’écoute.

I.  Le temps de l’oncle Léon ou la tradition

Coupe d’Hygie

Il était une fois, un jeune étudiant en pharmacie, Léon BERNACHOT (1877-1953) qui vivait à Saint-Sorlin de Morestel avec ses parents et ses soeurs, Lydie (1882-1975) et Hélène (1887-1976). A la fin de ses études et après avoir passé sa thèse sur les vertus de la glycérine, il réussit à acheter en 1902 une propriété à Morestel où est installée une petite pharmacie coincée dans une grande maison bourgeoise. Il est « pharmacien de 1 ère classe » car il a réussi le baccalauréat (à la différence des « pharmaciens de 2ème classe » qui, eux, n’ont pas obtenu ce diplôme et qui, pour se préparer aux études, passent plusieurs années de stage dans une officine).

Pendant ce temps, son ami de faculté, Maurice RULLIER (1879-1925) s’installe lui-aussi dans un village voisin : LES AVENIERES et épouse Hélène, la soeur cadette. Mobilisé dans le Service de Santé (Léon, lui, a été réformé), Maurice RULLIER rentre si affaibli de la guerre de 1914-1918 qu’il meurt en 1925 laissant 4 orphelins : Paul (1911-1998), Andrée (1913-1995), Madeleine (1915-1934) et René (1920-2014) qui n’a que 5 ans… Les enfants RULLIER recueillis avec leur mère Hélène dans la demeure de Morestel sont élevés par l’Oncle Léon et la Tante Lydie.

La pharmacie est alors une petite boutique tout en boiseries où Léon officie seul avec un préparateur et l’aide énergique de Tante Lydie qui déballe les cartons et court de la cave au grenier… Un ordonnancier est là, un téléphone (le 22 à Morestel !) apparaît dans le paysage mais une pharmacie où les préparations représentent l’essentiel du métier : Tonton Léon fabrique des suppositoires, des sirops, des emplâtres, des lotions, son fameux Coricide qui porte encore aujourd’hui son nom, et bien sûr, il écoute déjà des « histoires », celles de ses patients.

A cette époque, l’officine est une affaire artisanale et familiale. L’Oncle Léon sera témoin d’une des grandes avancées du XXème siècle : la création de la Sécurité Sociale en 1945. Les premières spécialités pharmaceutiques commercialisées seront l’aspirine en 1908 (Usines de Rhône), la trinitrine (1920) et la pénicilline (1 ère forme stable obtenue en 1938).

Les deux emblèmes de la pharmacie sont déjà là : la Croix verte (1913) et la coupe d’Hygie que l’on nomme parfois caducée (1942).

La pharmacie en 1930

 

II.  Le temps de Cécile ou la modernité

La pharmacie en 1960

Avant que le cancer ne l’emporte en 1953, Léon BERNACHOT est préoccupé du sort de la pharmacie, ses neveux étant tirés d’affaire : l’ainé, Paul, est devenu pharmacien mais préfère exercer sous d’autres cieux, Andrée est mère de famille, Madeleine est morte à la fleur de l’âge en 1934… Reste René, qui est chirurgien-dentiste et qui s’est installé à Lyon. Un jour, il reçoit une patiente, Cécile, une jeune fille du Beaujolais qui a une rage de dents et qui cherche désespérément un dentiste car le sien est en vacances. René va très bien soigner cette jeune dame pharmacien… En effet, ils tombent amoureux l’un de l’autre et se marient le 18 octobre 1952. Cécile hérite alors du bien familial et développe son activité, en modernisant les lieux et en étoffant son équipe.

La pharmacie s’agrandit… Cécile, ma mère, ayant un don pour transmettre ses connaissances, a formé plusieurs préparatrices. Les médicaments fabriqués par l’industrie deviennent de plus en plus nombreux. En 1953 naît le paracétamol… mais il n’y a pas que les médicaments qui naissent à la pharmacie ; en effet, Vincent, mon frère, pointe son nez en 1957 et moi en 1960 ! Nous avons donc grandi au milieu de toutes ces boîtes… Un vrai bonheur pour moi ! Je m’entends encore dire :

« Plus tard, je serai pharmacienne afin de pouvoir ranger des boîtes ! »

Un meuble très « moderne » fait son entrée avec de multiples tiroirs pour permettre un rangement plus rationnel des médicaments… Il a une forme en quart de cercle et sert tout à la fois de comptoir et de rangement. Les médicaments sont installés dans les tiroirs par ordre d’apparition et non par ordre alphabétique. C’est original mais pas très pratique comme méthode de rangement, d’autant que le nombre de spécialités pharmaceutiques ne cessent d’augmenter. L’ordonnancier est toujours là, le téléphone reste un outil de travail de premier ordre pour passer les commandes et joindre médecins et patients.

Maman, toujours très élégante et disponible, écoute les « histoires » dont on l’abreuve avec patience et sourire…

III. Le temps de Lydie ou la métamorphose numérique

Enfin, après la mort brutale de ma mère le 17 août 1979, j’ai continué vaille que vaille mes études et j’ai pu reprendre la pharmacie grâce à la ténacité de mon père qui a su la garder dans la famille. Depuis, je tente de marcher sur les traces de l’Oncle Léon et de Maman tout en vivant pleinement au XXlème siècle. La pharmacie a « mangé » tout le rez-de-chaussée de la grande maison. En 1989, le salon de mon enfance a cédé sa place à une porte automatique et en 2010, la salle à manger familiale est devenue l’espace confidentiel. Une aile nouvelle a même été construite dans la cour pour abriter le robot qui nous seconde, moi et mon équipe forte d’une dizaine de personnes.

Le téléphone est encore là bien sûr, l’ordonnancier aussi mais seulement pour inscrire les produits relevant de la législation des « Stupéfiants » car l’ordinateur est roi… J’ai cependant gardé un petit coin en boiserie avec la pendule en noyer, clin d’oeil et hommage à la pharmacie des années 1900…

Mon exercice officinal a vraiment commencé le 9 novembre 1985 à la fin de mes études, une fois ma thèse soutenue. Depuis 30 ans, des patients parlent, disent leur peur, leurs craintes, leurs attentes et aussi ce qui les tient debout. Leur confiance en nous est fabuleuse…

Aujourd’hui, plus de 6000 médicaments sont disponibles (ce qui représente plus de 12000 présentations). La pharmacie vit à l’heure de l’informatique et des nouvelles technologies mais aussi, toujours et encore, des relations humaines qui constituent sa force et sa justification.

Garder le cap et rester au service des autres, c’est ce que je souhaite vivre avec mon équipe, sans qui rien de tout cela ne serait possible.

 

La pharmacie en 2010

 

 

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